Je suis mon propre chevalier (Le chevalier)

Je suis mon propre chevalier (Le chevalier)

Je vous ai déjà dit j’avais peur des agressions et du #harcelementderue … mais plus maintenant. Je tiens tête à Mr Testostérone qui est un con (et je pèse mes mots) et j’ai appris à me défendre et avoir confiance en moi.

Voilà hop, pas de suspense, L’Amazon Training cela m’aura appris la confiance. C’est le mot clef. Pas la force ou l’anticipation ou la technique, c’est plutôt l’addition de tout cela qui fait la confiance. Je sais aujourd’hui quelles sont mes forces et mes faiblesses. Je vais être capable de jouer avec, comme pour le reste des situations de ma vie.

Cela m’a appris aussi l’humilité et la responsabilité (de ma vie et de celle des autres). Je me suis mise suffisamment en situation pour prendre conscience que je ne « savais rien » donc pas d’ego mal placé. Je sais surtout que je dois m’en sortir pour aider les autres, donc pas de « prise de risques » mais plutôt une analyse de la situation et une réaction en fonction.

La confiance, cela ne s’apprend pas par écrit (je n’en suis pas capable) ni en vidéo (et j’ai pas trop envie d’en faire), alors quoi ? J’ai découvert que j’avais piqué des trucs et astuces à force de faire les cours et dans mes aventures d’agressions antérieures.

Je tenais aussi à vous dire qu’il n’y avait pas de magie. Au cours de cette année (je prenais des cours d’Amazon et tout allait bien), je me suis retrouvée plaquée contre une porte de métro en plein rush hour et j’ai vécu l’enfer. Un homme s’est carrément caressé contre moi pendant 3 stations… Vous allez être déçus, mais je ne lui ai pas cassé les dents. Je me suis retrouvée figée et terrifiée comme avant. Mais grâce à lui, j’ai transformé ma rage le cours d’après et j’ai décidé que c’était la dernière fois.

C'est pas tous les jours la fiesta (pom pom girl)

C’est pas tous les jours la fiesta (pom pom girl)

Ce petit exemple pour vous montrer que mes « idées » ne restent que des petites choses à mettre en œuvre et à s’approprier pour trouver La solution, la vôtre.

Analyser :
Dès que j’entre dans un lieu, je regarde les portes de sortie et, en général, je me mets le plus souvent face à la porte. J’essaie aussi de « sentir les gens ». Non, je ne suis pas un chien, mais j’ai remarqué que l’intuition était incroyable et incompréhensible. Lorsqu’on l’écoute on évite beaucoup d’ennuis.
Et, dans le métro, toujours prendre le 1er wagon, celui avec le chauffeur devant.

Tenir à distance :
Si un homme ou une femme (il y a de plus en plus d’agressions avec elles, dommage !) m’approche de trop près. Je dis un NON très ferme et très poli en tendant le bras. J’y arrive très facilement car l’agression n’a pas eu lieu. Le bras permet de maintenir une distance de coup et, surtout, de garder sa bulle intacte. J’ai surtout appris que L’agresseur prend des risques et cherche une victime bien sage et terrorisée. Souvent, si vous montrez les crocs sans mordre, il partira de lui même.
J’allais oublié, je reste extrêmement polie : « Non Monsieur, s’il vous plait. Je n’ai pas le temps, laissez moi. Bonne journée ». Je ne pourrai pas vous dire pourquoi, mais ça fonctionne. Testé 3 fois de suite à Châtelet, ma station de métro détestée (oui, c’est l’inverse de la préférée) à Paris.

Se faire remarquer :
Plus vous  parlerez fort et de manière répétée : « Mais non non et non, je ne veux pas. Laissez moi », plus un agresseur vous lâchera vite car il va y avoir des témoins susceptibles de le reconnaître. C’est donc un danger plus important pour lui que pour vous.

Continuer sa route :
Vous remarquerez que les personnes qui veulent vous agresser parlent toujours tout doucement, cela vous oblige à vous approcher pour entendre et leur répondre. C’est une tactique très simple qui joue sur notre côté humain et attention. Une fois trop près, c’est la joie des pickpocket et autres menaces avec armes (un cuter pour moi lorsque j’étais au lycée) qui ne se voit pas.
Si la personne est mal intentionnée et que vous continuez votre chemin, elle fera la même avec une autre cible/proie mais si elle est véritablement en demande : elle parlera plus fort pour que vous l’aidiez.

La burqua y a que ça de vrai (white-vador)

La burqa y a que ça de vrai (white-vador)

Se déguiser :
J’essaie de plus en plus de faire de jolies coiffures (tresses, fleurs, foulards et autres), grâce à Clyne notamment. Cela attire l’œil, surtout lorsqu’on est blonde. Donc, dès que je monte dans un métro le soir, je me transforme : J’attache mes cheveux dans un genre de micro chignon bas et moche. Je vois mieux sur les côtés et je suis moins sexy. Si j’ai un gilet, je le retourne pour cacher davantage mon décolleté que mon dos. Si je suis en jupe (90% des cas), je pose mon gros sac ou magazine dessus pour limiter le « bout de viande qui sort » et idéalement, je pose un pashmina dessus.
J’ai vu aussi des jeunes nanas en tenue de soirée, mini jupe et talons, qui mettaient des bas de jogging sur le quai du métro : très efficace, cela casse le look et le côté sexy.

1.2.3 Courrez :
Je suis presque tous les jours en talons. Lorsque c’est le cas avec des sandales, je défais les crochets qui les retiennent. Voire mieux, si j’ai des ballerines ou des baskets dans mon sac, je me change sur le quai du métro. Cela m’a sauvée une fois où 3 mecs me suivaient jusqu’à chez moi. Je pense que j’ai fait le sprint de ma vie, digne des JO. Je l’ai fait une 2e fois pieds nus car je n’avais rien en shoes de rechange et un mec bourré me suivait (moins grave, quoique..). Attention, on sprinte après avoir passé un coin de rue ; il ne faut pas que les « suiveurs » vous voient partir, sinon vous perdez votre avantage ^^.
J’ai aussi toujours un short sous mes jupes (pour plusieurs raisons : formes, vélo et beaucoup de marche) ce qui me donne de la confiance. Si vous voulez courir, c’est plus simple et personne n’a jamais voulu prendre une photo sous ma jupe (je l’ai déjà vu), car les hommes voient le short dépasser en général !!

Vérifier le danger :
Lorsque j’ai l’impression que je suis suivie dans la rue j’ai 2 solutions simples. La première, « j’ai mal au pied ». Je me baisse (pour me libérer aussi de mes shoes) pour remettre en place mes chaussures. Une fois légèrement baissée, je peux regarder autour de moi et surtout voir si « la personne » me double ou pas. Cela marche aussi avec le sac, l’avantage c’est que vous pouvez sortir un stylo ou des clefs comme arme « par destination ». C’est à dire un objet usuel qui peut se transformer en arme selon son utilisation. On voit ça tout le temps dans les prisons par ex (enfin, dans les films de prison).
Si la personne vous suit bien et ralentit le pas… là on flippe un coup et hop je fais un demi tour ultra rapide et je pars en courant dans l’autre sens (voire sur le trottoir d’en face) aussi vite que le lapin d’Alice (au pays des merveilles) et je cherche une personne pour m’accrocher à elle ou un lieu dans lequel entrer (un bar etc). S’il n’y a personne, n’hésitez pas à vous mettre au milieu de la route en espérant qu’une voiture vous verra! Cette 2e technique de marcher en se faisant voir est parfaite pour limiter les « petits agresseurs »

On m’a donné une autre technique, digne de Noémie alias Trendymood, se retourner et lui demander « vous avez un problème ». Comme souvent, les agresseurs cherchent des proies faciles… Vu la réaction vous ne le serez pas. Ma prof l’a testé et ça marche, mais attention tout est dit dans son regard : la haine et la rage.

Être occupée :
Je ne sors plus jamais mon téléphone dans le métro et le soir dans la rue, sauf exception (je suis perdue et je cherche mon chemin). Il y a énormément de vols et certaines de mes amies ont eu de grosses frayeurs. J’ai donc toujours un magazine ou un vieux journal. Cela donne une contenance, on est occupée, donc on peut faire reculer la personne si la politesse fonctionne encore (« je suis passionnée par mon livre, désolé Monsieur ») et cela est une arme par destination.
J’aime le magazine, car lorsqu’on a peur on peut le broyer et rester très calme sur le visage et le reste du corps. Il me donne aussi une longueur d’avance si combat : plus solide, une fois roulé, que mon poing. On peut aussi le jeter au visage si besoin !

Même pas peur d'abord ... (hugo-le-poteau-malicieux)

Même pas peur d’abord … (hugo-le-poteau-malicieux)

Être occupée 2 :
J’ai souvent un casque sur les oreilles, mais pas le blanc des Iphone trop dangereux. Un classique qui fait croire à tout le monde que je suis à fond. Je bouge la tête et je chantonne, mais il n’y a pas de son : jamais le soir et rarement en journée ou très faiblement. Je peux donc voir facilement ce qui se passe autour de moi sans être repérée…. et bien sûr, je fais celle qui n’entend pas !

Anticiper :
Dès que je vois/croise un agresseur potentiel, je me fais un scénario dans ma tête. J’ai réalisé qu’être  scénariste empêche l’angoisse de monter. Je m’assieds de manière à pouvoir me relever rapidement (merci les cours), je broie dans mes mains un stylo (sûrement plus efficace et discret que le magazine). Je débranche la musique.

Surprendre :
C’est ma tante qui m’a appris ça lorsqu’on était ensemble à Paris (elle vient de Monaco, avec des bijoux très très chers) pour la Fashion week. S’il y a un petit groupe pas méchant mais que l’on peut sentir « bizarre », aller directement vers eux avec un prétexte simple : Vous avez l’heure ? Vous savez où est telle rue ? Je cherche tel magasin ? N’oublions pas que les mecs, même en bande, sont des lâches, donc ils seront surpris et fiers de nous renseigner. Il ne reste plus qu’à partir le pas léger avec un grand sourire et un grand merci : on est forcément pressées puisqu’on leur a demandé un renseignement. Efficace pour moi les 5 fois sur 5 où je l’ai fait dans la rue.

L'union fait la force (army-street)

L’union fait la force (army-street)

S’entourer :
Le plus possible, s’asseoir avec des personnes dans les « carrés du métro » (près du couloir pour pouvoir partir) et commencer à parler un peu. Si vous êtes trop timide, au moins les regarder dans les yeux avec un sourire et un bonsoir. Dites-vous que si vous vous « connectez à quelqu’un », il aura plus de mal à vous laisser vous faire agresser seule devant lui sans réagir.
Dans la rue, je n’hésite plus à parler à des inconnus (je l’ai toujours fait d’ailleurs) surtout à des personnes avec enfants (plus facile d’accès) pour faire un bout de chemin dans un quartier que je ne connais pas ou que je n’aime pas.

Se rassembler :
Ma nouvelle confiance en moi, m’a aidée à sortir quelques femmes de situations inconfortables. Je n’ai pas joué au héros, rassurez vous, mais je les ai abordées en leur disant : « Heu Sonia, ça va? Depuis le temps.. tu as passé une bonne soirée, racontes moi… » et je la prends par le bras et l’entraîne plus loin. La femme qui était terrorisée car elle sentait que l’agression n’était pas loin, va le plus souvent vous suivre car elle sait que vous voulez l’aider. Si cela ne fonctionne pas, barrez-vous et ne restez pas dans une situation dangereuse. C’est aussi dangereux que de vouloir sauver quelqu’un de la noyade .. qui se débat et vous coule en même temps :/

Désigner :
Si personne ne réagit lors d’une agression, n’hésitez pas à montrer du doigt en disant « vous et vous, venez m’aider ». Je connais peu de personnes qui oseraient ne rien faire si on les a impliquées dans la situation.
Et si c’est vraiment la cata, vous pouvez toujours vous accrocher au bras d’un inconnu. Une amie l’a fait et il l’a défendue (pas le choix, hein!!!).

Se rapprocher les uns des autres (free-hug)

Se rapprocher les uns des autres (free-hug)

Et aussi…
Je n’ai pas testé mais des copines m’ont dit que c’était efficace :
– Jouer la débile qui ne comprend rien, avec les tics et tout. Bref, la totale qui demande un peu d’Actors Studio mais qui a bien fait rire ma copine, vu la tête des mecs !
– Se transformer en étrangère et parler une autre langue. C’est décourageant pour les agresseurs. Diglee avait fait un dessin, mais je ne le retrouve plus, désolée.
– Les affronter. Une de mes copines n’a jamais voulu se laisser faire et elle tient tête : elle se rapproche, gueule et répond. La majorité du temps, les lâches s’excusent pitoyablement pour les insultes mais je n’ai jamais eu le courage de le faire. Trop peur d’exciter l’ennemi !

J’espère que mes petites idées pourront vous être utiles. Hélas, n’oubliez pas que même si le #harcelementderue est un mal quotidien, il reste moins grave que les agressions physiques et notamment les viols qui se passent le plus souvent dans notre entourage. Il est donc important de ne pas être une victime (plus facile à dire qu’à faire) et de savoir dire NON, tous les jours, face à des comportements déviants.

Courage et comme nous le dit Valérie, il ne faut pas oublier d’aller porter plainte lorsqu’on est témoin ou victime 🙂

Sortons nos jupes et nos stylos et reprenons le métro avec le sourire.

Et vous, vous avez des astuces ?

 Crédit photo ici par Sandrine Estrade Boulet. J’adore son univers qui rend plus beau le quotidien et nos rues parfois tristes et inquiétantes.

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