Je suis fière d’être une femme !

Pourquoi ?

Parce qu’ « être une femme » c’est complexe pour plusieurs raisons. Et je crois qu’aujourd’hui j’avais envie de le dire haut et fort (il faut m’imaginer en train de hurler derrière mon ordinateur pour comprendre la tension émotionnelle..).

J’ai vu passer beaucoup d’informations sur le sujet ces derniers jours (les infos qui me passionnent, mais surtout pas l’info poubelle dont je parlais ici). Je n’ai jamais vraiment osé vous parler de ma vision du féminisme car j’ai l’impression que tout a déjà été dit. Je vous ai parlé de mon envie de savoir me défendre ici, de mes doutes sur la féminité ici ou de mon combat pour relever mon estime de soi là.

J’ai la chance d’être française en France. Alors je dois avouer que déjà, « être une femme » dans ces conditions, c’est une bonne base… pourtant ce n’est pas suffisant.

– Je n’ai toujours pas droit au même salaire que les hommes.

– J’ai continuellement droit à du harcèlement de rue .

– Quand j’ose trop élever la voix, on va me dire que ce n’est pas place. J’ai d’ailleurs grandi avec l’idée (on me l’a souvent dit) que j’étais masculine car trop brusque, trop grande, trop grande gueule. Vous voyez, j’avais ces attributs « réputés masculins » .. alors que, je vous le jure, je suis une femme, 100% femme ..

Eh oui, je suis grande gueule et bavarde aussi d’ailleurs :))

Je suis donc une femme, féministe qui se bat pour l’équité et non pas l’égalité (nous n’aurons jamais de couilles, et eux, ne sauront jamais ce que c’est que d’avoir ses règles).

Je veux de l’équité pour que les pères soient considérés comme aussi importants que la mère ; pour qu’une femme soit écoutée (et payée) au même niveau de respect qu’un homme, dans son entreprise.

Magnifique livre de Yang Liu sur les clichés

Magnifique livre de Yang Liu sur les clichés

J’avais envie de vous faire découvrir ou redécouvrir le discours incroyable d’Emma Watson à L’ONU. C’est un discours comme on rêve d’en écrire un : simple, poignant, personnel et qui touche tout le monde, sincère et qui rappelle des principes de bases. Elle est en train de promouvoir HeforShe (lui pour elle) ou comment préciser (ou redéfinir, selon certains) que le féminisme est pour tous, et aidera tout le monde, les hommes comme les femmes.

1.  » Être une femme » c’est difficile, car lorsqu’elle fait son discours, Emma se met en danger. Aujourd’hui, elle a contre elle de nombreux mâles. Encore que je devrais utiliser le mot de brutes ou animaux, car pour moi, ce ne sont ni des hommes ni des Hommes, ceux qui veulent montrer  » à cette salope » qui a raison ! Le combat est encore long.

2. « Être une femme » c’est difficile quand tu vois ta tenue plus décortiquée que ton discours. Est-ce que l’on analyse la tenue de Sarkozy après son discours ? Car on parle bien de politique et d’engagement, non ?

L'estime de soi selon Yang Liu

3. « Être une femme » c’est difficile quand on te reproche juste d’être une femme (comprendre vagin donc !). C’est difficile quand tu écris un livre sur ta séparation avec ton ex/Big boss de l’état (je ne juge ici en rien le contenu ou la personne qui l’a écrit, mais bien la manière dont la presse a réagi). On aurait pu juger le style, l’objectif personnel et psychologique de la démarche ? Non, on la traite de « salope rancunière »… Pendant ce temps, Mr ex se voit félicité d’avoir réussi à « séduire d’aussi jolies femmes, pour un homme pas si sexy que ça ». C’est donc la 2ème fois qu’un président trompe officiellement sa compagne et que l’on trouve cela normal, voire plutôt cool. Bon, je vous laisse 2 secondes pour vous en remettre .. car oui, je suis très old school : pour moi, on ne trompe pas ; c’est mal (que l’on soit un homme ou une femme).

Prince Charming vs Whore Yang Liu

Prince Charming vs Whore, par Yang Liu

4. « Être une femme » c’est difficile quand tu es jugée presque uniquement sur ton physique. Cela signifie que lorsque ton physique n’est plus « comme il faut » … tu n’es pas vraiment une femme. Et c’est encore plus compliqué, car les modes changent très souvent (le récap ici par Huffingtonpost): il est donc impossible d’être « à la mode » ou « parfaite selon les standards ». Je suis définitivement une femme des années 50’s, malheureusement je vis en 2014 🙂

Je vous laisse découvrir le témoignage poignant d’une femme qui a vécu le cancer et qui affiche son corps meurtri. Ses photos sont poignantes et incroyables de vie (malgré les ravages de la maladie). Cela me motive doublement à courir pour Odyssea (inscription ici, car il y a aussi des marches pour celles qui ne courent pas !).

5. « Être une femme » c’est difficile quand on te dit que ton corps t’appartient (ouaip, ou presque) et que tu as le droit de faire des enfants (d’ailleurs la France a une politique plutôt nataliste). Pourtant quand tu en fais un 3e, hé bien on te dit que tu peux prendre la porte car .. tu ne sera plus jamais aussi efficace. Découvrez ici le témoignage de la magnifique et créative Elisa du blog  Etdieucréa.

6. « Être une femme » c’est difficile quand tu vois tes photos (perso et privées) à la une des magazines d’informations. On peut comprendre l’excitation des hackers, mais alors pourquoi insulter les pauvres femmes (femmes avant d’être stars ou célébrités) d’avoir pris ces photos, en les traitant de salope ou pute ou pire. C’est un acte privé et qui est sur ton ordinateur personnel. Nous ne parlons pas de compte Instagram public ici, non ? Je ne veux pas qu’on me juge sur mes photos ou même ma déco. C’est chez moi et cela reste privé !

7. « Être une femme » c’est difficile lorsque tu es curieuse et que tu as envie de faire de nombreuses activités. J’ai été longtemps célibataire avec une moto. Eh bien, je vous laisse facilement imaginer qu’on me prenait pour une lesbienne (au moins on ne m’appelait pas Monsieur Olivier ^^). Heureusement, j’aime la déco, le tricot et les fringues donc, ouf .. je suis bien une femme.

J’en ai sans doute déjà trop dit… mais j’ajouterai que j’aime les hommes (et surtout le mien Mr Charming), que j’aime les gens qui pleurent et assument leur fragilité (hommes et femmes), j’aime les personnes qui se remettent en question, celles qui se définissent selon leur valeurs et non pas selon les codes de la société.

Vous l’aurez compris, je suis féministe et, au cas où vous n’auriez pas encore assez d’arguments, Laci Green vous en donne 50 🙂

Et vous, vous êtes féministe ? Vous avouez l’être ? (merci de noter que ces questions s’adressent aux hommes comme aux femmes!)