Les vrais hommes ne violent pas

Les vrais hommes ne violent pas

J’ose écrire cet article aujourd’hui car presque tout le monde a parlé du sujet… mais c’est Valérie de Crêpe Georgette qui a le mieux résumé ici ma pensée. Mon article est librement inspiré par elle et son analyse, car je dois l’avouer je m’enflamme un peu trop sur ce genre de sujet.

L’affaire DSK réunit tout du parfait film US à gros budget : de la politique, de l’argent, du pouvoir, du sexe, un crime, des médias et beaucoup d’avis sur tout ça. Nous n’avons bien sûr aucune idée de ce qu’il c’est vraiment passé dans cet hôtel et en France (même si il est accusé aux US) nous avons la présomption d’innocence. Je ne parlerai donc pas de ce que DSK représente au niveau politique, je n’imaginerai pas des complots ou n’oserai penser à la souffrance de la victime (simplement au niveau « audience de l’affaire »). Je vais tenter de parler du vrai problème selon moi : les réactions de la presse avec la montée de la misogynie et des préjugés concernant les agressions sexuelles.

« Il n’y a pas mort d’homme », non en effet seulement (je deviens déjà ironique ouille) un viol d’une femme. Cette magnifique phrase ouvre le débat et a lancé la pétition du groupe Osez le féminisme. Vous me direz puisqu’il y a 200 femmes violées chaque jour en France, c’est vrai que ce n’est pas si important une femme de ménage… La seule chose qui me gène dans les chiffres, c’est que justement ce sont des données officielles et enregistrées par des gentils flics.
Mais dans mon entourage sur 10 femmes agressées sexuellement, seulement 1 a portée plainte et osé vivre le procès qui a suivi. Je vous laisse donc faire la multiplication des 75 000 viols annuels. ça fait froid dans le dos non? C’est pour cela qu’aujourd’hui que « la honte doit changer de camp » et que cela est devenu un crime passible de 15ans de prison.

Un crime

Un crime

Pour ceux qui croient encore que cela arrive dans une ruelle sombre par un inconnu, je suis désolée de vous apprendre que dans 8 cas sur 10 la victime connait l’agresseur … et qu’il la viole souvent chez elle ou lui. Nous sommes plus près du film Harcèlement que Irréversible donc!! Cette vérité dérange car les victimes (et sûrement les agresseurs) sont tous là sous nos yeux.


Mais ce qui me gêne peux être le plus c’est la confusion entre la notion de sexe et le viol.
« elle l’a bien cherché » … cherché quoi? Un regard approbateur sur ses belles jambes musclées (grâce à des heures passées au Club Med Gym) ou un clin d’œil complice d’une femme à son décolleté (et à son push up qui fait autant d’effet que dans la publicité) ? Comment croire sincèrement qu’en mettant une jupe, une femme cherche un partenaire sexuel ?? Hélas, certaines femmes se permettent de dire ce genre de choses. J’espère pour elles et leurs amies ou leur fille qu’elle n’aurons jamais à passer dans le camp des victimes!

Le viol est une prise de pouvoir par un pervers, peux importe les formes, les vêtements ou même l’attitude. Le pervers chasse sa victime comme un animal sauvage qui écoute son cerveau reptilien, loin de toute réflexion. Vous pouvez toujours nous traitez de « pute » ou de « salope » mais cela ne changera rien à notre liberté. D’ailleurs le problème est plus grave qu’une minijupe car 1 homme sur 3 pense que ce n’est pas du viol de baiser sa copine quand elle n’a pas envie.

Alors oui, Messieurs apprenez a entendre les NON car nous ne sommes pas dans un film de Dorcel. La preuve, vous connaissez quelqu’un dont le meilleur sexe était le plombier ou la serveuse à l’hôtel ? Pitié !  Et nous, Femmes, nous devons apprendre à nous défendre, à hurler, à nous débattre pour limiter (oui il existera toujours) le sentiment de culpabilité et augmenter notre volonté de survie. Je vous expliquerai bientôt mon expérience de l’Amazon training, créé par l’Adac.

Donc si je résume il ne faut pas être trop belle, ni trop sexy car les hommes ne pourront pas calmer leur envies. Si j’étais un homme je serai furieux d’être résumé à une bite, une envie de sexe, un être suffisamment bête pour ne pas contrôler une pulsion. On ne pille pas les boulangeries lorsqu’on a faim alors pourquoi vouloir prendre un objet sexuel pour assouvir une pulsion.

Precious

Precious

 

Pour tenter de finir sur une note plus optimiste, je vous conseille la lecture du livre Precious (oui je sais c’est super vieux et aussi sorti en film) qui est une ode à la non victimisation, au combat de la reconstruction, à la dénonciation du viol et de l’inceste. Un livre humaniste où l’on pleure de bonheur malgré l’inconcevable qui est décrit.